Les besoins en transfusion sanguine doivent être assurés par l'EFS
Transfusion sanguine

Evolution de la transfusion

La transfusion sanguine s’est fortement développée au cours du XXe siècle, notamment après la Seconde Guerre mondiale, avec les progrès de la médecine, de la chirurgie et de l’hématologie.

L’évolution des pratiques transfusionnelles a ensuite été profondément marquée par les événements liés à la contamination de produits sanguins par le VIH et le virus de l’hépatite C (VHC) dans les années 1980. Ces événements ont conduit à un renforcement considérable de la sécurité transfusionnelle : sélection médicale des donneurs, amélioration des tests biologiques, développement du dépistage génomique viral et renforcement de l’hémovigilance.

Depuis cette période, le risque infectieux lié à la transfusion a considérablement diminué. Les données de surveillance montrent notamment une diminution continue des risques résiduels de transmission du VIH, du VHB et du VHC. Pour la période 2019-2021, l’ANSM estimait le risque résiduel à environ 1 don sur 17 millions pour le VIH, 1 sur 5,6 millions pour le VHB et 1 sur 32,7 millions pour le VHC.

L'évolution des besoins en produits sanguins labiles est liée à de nombreux facteurs : évolution démographique, vieillissement de la population, progrès des traitements médicaux et chirurgicaux, évolution des pratiques transfusionnelles et développement des stratégies visant à limiter les transfusions inutiles.

La transfusion reste aujourd’hui une thérapeutique indispensable. L'EFS indique qu'elle permet chaque année de répondre aux besoins d'environ un million de patients en France.

 

Graphique de l'évolution des dons de sang et des transfusions sanguines en France

Raisons de l'augmentation des transfusions sanguines jusqu'en 2013


L'évolution des besoins transfusionnels s'explique par plusieurs facteurs.

 

Vieillissement de la population

L'augmentation de l'espérance de vie s'accompagne d'une augmentation du nombre de patients atteints de pathologies susceptibles de nécessiter une transfusion.

Les patients âgés sont notamment concernés par les interventions chirurgicales, les hémopathies malignes, certains cancers ou encore les situations hémorragiques aiguës.

Le vieillissement de la population constitue donc un élément important à prendre en compte pour anticiper les besoins futurs en produits sanguins.

 

Progrès de la médecine

Les progrès réalisés en hématologie, en oncologie, en chirurgie et en réanimation ont permis de prendre en charge des patients de plus en plus nombreux et parfois plus fragiles.

Les traitements intensifs de certaines leucémies, hémopathies et cancers peuvent notamment nécessiter des transfusions répétées de CGR et de plaquettes.

Parallèlement, l'amélioration des techniques chirurgicales et anesthésiques permet de réaliser des interventions complexes chez des patients qui n'auraient auparavant pas pu en bénéficier.

 

Amélioration de la sécurité transfusionnelle

Les événements liés au sang contaminé ont profondément modifié l'organisation de la transfusion en France.

La sécurité de la chaîne transfusionnelle repose aujourd'hui sur plusieurs niveaux : sélection des donneurs, qualification biologique des dons, préparation et conservation des PSL, traçabilité, compatibilité immuno-hématologique et hémovigilance.

Le risque infectieux résiduel a considérablement diminué grâce notamment au développement des techniques de dépistage. L'ANSM souligne ainsi que les très faibles taux actuels de VIH, VHB et VHC chez les donneurs ainsi que la diminution des risques résiduels témoignent de l'efficacité des mesures de sélection et de qualification biologique des dons.

Il est cependant préférable de ne pas écrire que cette diminution du risque a conduit les professionnels à transfuser « de façon plus systématique ». Au contraire, les pratiques actuelles cherchent à éviter les transfusions inutiles, notamment grâce aux stratégies de Patient Blood Management (PBM) et à l'utilisation de seuils transfusionnels restrictifs lorsque cela est possible.

 

Garantir l'autosuffisance en produits sanguins labiles


En France, l'Établissement français du sang (EFS) est l'opérateur civil unique de la transfusion sanguine depuis le 1er janvier 2000. Il assure la collecte, la préparation, la qualification et la distribution des produits sanguins labiles. Sa mission de service public comprend notamment la garantie de l'autosuffisance de la France en PSL, dans des conditions optimales de qualité et de sécurité.

L'autosuffisance repose avant tout sur la capacité à disposer quotidiennement de produits sanguins en quantité suffisante pour répondre aux besoins des patients.

Cette gestion est particulièrement complexe car les PSL sont des produits biologiques dont la durée de conservation est limitée. Par exemple, les CGR peuvent être conservés jusqu'à 42 jours, tandis que les concentrés de plaquettes ont une durée de conservation beaucoup plus courte. Cette différence impose une organisation permanente des collectes, de la préparation, du stockage et de la distribution.

La gestion des stocks doit donc permettre de limiter à la fois les ruptures de stock et les pertes liées à la péremption ou à la non-utilisation des produits.