La sécurisation des produits sanguins labiles (PSL) débute dès la sélection du donneur et le prélèvement. La sélection médicale réalisée lors de l’entretien préalable au don constitue une étape essentielle de la sécurité transfusionnelle. Elle a pour objectif d’identifier les situations susceptibles de présenter un risque pour le donneur ou pour le receveur et, le cas échéant, de contre-indiquer temporairement ou définitivement le don. Cette sélection repose sur un questionnaire préalable et un entretien individuel avec une personne habilitée.
La sécurisation se poursuit lors du prélèvement par le respect des règles d’identification, de traçabilité et d’hygiène, puis par la qualification biologique du don (QBD), qui comprend les analyses biologiques et les tests de dépistage réglementaires.
Entretien préalable au don
L’entretien préalable au don constitue un élément majeur de la sécurité transfusionnelle. Il permet d’évaluer l’état de santé du candidat au don, ses antécédents médicaux, ses traitements, ses éventuelles expositions à des agents infectieux ainsi que certaines situations particulières, notamment les voyages ou les vaccinations.
Les analyses réalisées dans le cadre de la qualification biologique du don ne permettent pas de détecter immédiatement toutes les infections. Il existe en effet une fenêtre diagnostique, période située entre le début de l’infection et le moment où les marqueurs biologiques recherchés deviennent détectables. Cette limite justifie l’importance de la sélection médicale et des informations fournies par le donneur. Les tests utilisés comprennent notamment des tests sérologiques et, pour certains agents infectieux, des techniques de détection du génome viral.
Le candidat au don doit donc fournir des informations exactes et complètes concernant son état de santé, ses traitements, ses antécédents, ses voyages et toute situation susceptible d’avoir une incidence sur la sécurité du don. À l’issue de l’entretien, il atteste notamment de l’exactitude des renseignements fournis.
Après le don, toute information nouvelle susceptible de remettre en cause la qualité ou la sécurité du produit doit être signalée à l’établissement de transfusion. Les informations post-don font partie des données prises en compte dans la qualification biologique et peuvent conduire au blocage ou au retrait des produits concernés.
Selon les situations épidémiologiques et les risques identifiés, des mesures ou dépistages complémentaires peuvent également être mis en œuvre afin d'adapter la sélection des donneurs et la sécurisation des dons.
Identification et traçabilité des prélèvements
L’identification du donneur et du don constitue une autre étape essentielle de la sécurité transfusionnelle. Le personnel habilité doit s’assurer de la concordance entre l’identité du donneur et l’identifiant unique attribué au don.
Cet identifiant permet d’établir le lien entre le donneur, le prélèvement, les résultats de la qualification biologique et les différents produits sanguins labiles issus du don. Il permet ainsi d’assurer la traçabilité de l’ensemble de la chaîne transfusionnelle et, si nécessaire, de retrouver les produits issus d’un don donné.
La traçabilité doit notamment permettre d’associer le don aux résultats des analyses biologiques et aux produits qui en sont issus, tout en respectant l’anonymat du donneur.
Hygiène du prélèvement
L’hygiène du prélèvement constitue également un élément essentiel de la sécurité des produits sanguins. La préparation et la désinfection du site de ponction doivent être réalisées conformément aux bonnes pratiques afin de limiter le risque de contamination bactérienne.
Une contamination du site de ponction peut en effet entraîner l’introduction de bactéries dans le circuit de prélèvement et, par conséquent, dans le produit sanguin. Le respect des procédures d’hygiène contribue donc à protéger à la fois le donneur et le receveur.

Ainsi, la sécurité transfusionnelle repose sur plusieurs étapes complémentaires : sélection rigoureuse du donneur, identification fiable du don, respect des règles d’hygiène, qualification biologique et traçabilité des produits sanguins labiles. Ces différentes mesures permettent de réduire autant que possible les risques associés à la transfusion.