La notion de groupe sanguin érythrocytaire est relativement simple à définir. Le terme « groupe » désigne un ensemble d’individus partageant un caractère commun et se distinguant ainsi d’autres individus. L’adjectif « sanguin » indique que ce caractère concerne un élément présent dans le sang, tandis que le terme « érythrocytaire » précise qu’il concerne les globules rouges.
Le groupage sanguin érythrocytaire consiste à déterminer les antigènes présents à la surface des globules rouges d’un individu afin de définir son appartenance à un groupe sanguin. Ces antigènes sont des caractères génétiquement déterminés et sont notamment étudiés dans le système ABO, qui permet de distinguer les groupes A, B, AB et O.
Le phénotypage érythrocytaire consiste également à rechercher des antigènes présents à la surface des globules rouges afin de déterminer le phénotype d’un patient pour un ou plusieurs systèmes de groupes sanguins.
Principe du groupage et du phénotypage
Pour réaliser un groupage ou un phénotypage sanguin, on recherche les antigènes présents à la surface des globules rouges à l’aide d’anticorps spécifiques, généralement des anticorps monoclonaux.
Le principe consiste à mettre en contact les globules rouges du patient avec un antisérum contenant un anticorps spécifique d’un antigène recherché. Après un temps d’incubation permettant aux anticorps de se fixer sur les antigènes correspondants, la réaction est observée.
Si l’anticorps se fixe à l’antigène recherché, cela signifie que le patient possède cet antigène.
Exemple :
Si les hématies du patient sont mises en contact avec un antisérum anti-A et qu'une réaction antigène-anticorps est observée, cela signifie que les globules rouges portent l’antigène A. Le patient peut donc être de groupe A ou AB.
Réaction antigène-anticorps et agglutination
La réaction entre un antigène présent à la surface des globules rouges et l’anticorps spécifique est appelée réaction antigène-anticorps. Lorsqu’elle entraîne un regroupement visible des hématies, on parle d’agglutination.
L’agglutination peut être :
- directement visible à l’œil nu, notamment lors de réactions impliquant des anticorps de type IgM ;
- révélée à l’aide d’une antiglobuline, lorsque les anticorps impliqués, notamment les IgG, ne provoquent pas directement une agglutination visible.
L’antiglobuline est un anticorps capable de reconnaître et de se fixer sur la fraction Fc des immunoglobulines déjà fixées sur les globules rouges. Elle permet ainsi de créer des ponts entre les hématies sensibilisées et de rendre l’agglutination visible.
Cette technique est principalement utilisée pour mettre en évidence une sensibilisation des globules rouges par des anticorps de type IgG.
Particularité du système ABO
Le système ABO présente une particularité réglementaire : son groupage repose sur deux épreuves complémentaires et indissociables.
Épreuve globulaire ou épreuve de Beth-Vincent
Elle consiste à rechercher les antigènes A et B présents à la surface des globules rouges du patient.
Les hématies du patient sont mises en contact avec des réactifs contenant notamment des anticorps anti-A et anti-B. La présence ou l’absence d’agglutination permet de déterminer les antigènes présents sur les globules rouges.
Épreuve sérique ou épreuve de Simonin
Elle consiste à rechercher les anticorps anti-A et anti-B présents dans le plasma ou le sérum du patient.
Cette deuxième épreuve permet de vérifier la cohérence des résultats obtenus lors de l’épreuve globulaire.
Exemple :
| Groupe ABO | Antigènes sur les hématies | Anticorps dans le plasma |
|---|---|---|
| A | A | Anti-B |
| B | B | Anti-A |
| AB | A et B | Aucun anti-A/anti-B |
| O | Aucun | Anti-A et anti-B |
La concordance entre l’épreuve globulaire et l’épreuve sérique est indispensable à la validation du groupage ABO.
Prélèvements et validation du groupage
Afin qu’un groupage sanguin et un phénotypage soient considérés comme valides, ils doivent être réalisés conformément aux règles de prélèvement et d’identification en vigueur.
Pour le groupage sanguin, la détermination doit notamment être confirmée à partir de deux prélèvements distincts, réalisés indépendamment l’un de l’autre. Cette procédure permet de limiter le risque d’une erreur d’identification ou d’une erreur pré-analytique pouvant avoir de graves conséquences transfusionnelles.
Techniques de groupage et de phénotypage
Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour réaliser les groupages et les phénotypages sanguins.
Elles présentent des sensibilités, des limites de détection et des contraintes techniques différentes. Le choix de la méthode dépend notamment des équipements disponibles, des caractéristiques des patients, des performances recherchées et de l’organisation du laboratoire.
Les principales techniques reposent sur la mise en évidence d'une agglutination des globules rouges, mais les modalités de détection de cette réaction peuvent varier selon la méthode utilisée.