Immuno-Hématologie Erythrocytaire

Epreuve de Compatibilité

L’épreuve de compatibilité est exclusivement utilisée dans un contexte transfusionnel. Son objectif est de vérifier la compatibilité entre les concentrés de globules rouges (CGR) à transfuser et le sérum ou le plasma du patient.

Selon la réglementation française, l’épreuve de compatibilité doit être réalisée lorsque le patient présente ou a présenté un anticorps irrégulier, ainsi que chez les nouveau-nés ayant un TDA (ou EDA) positif ou dont la mère est immunisée. Cette analyse possède la même durée de validité que la RAI.

 

Intérêt particulier


Dans de rares situations, l’épreuve de compatibilité peut mettre en évidence un anticorps dirigé contre un antigène de faible fréquence, appelé anticorps privé. Elle peut également révéler, dans certains cas, un anti-ABO4. Ces anticorps ne sont généralement pas détectables lors de la recherche d’anticorps irréguliers (RAI), car les hématies utilisées lors du dépistage ou de l’identification peuvent ne pas porter les antigènes correspondants.

Pour cette raison, l’épreuve de compatibilité peut être réalisée lorsqu’un conflit immunologique est suspecté à la suite d’une transfusion. Dans ce contexte, elle est effectuée avec les globules rouges provenant du concentré transfusé suspecté d’être à l’origine du conflit immunologique.

 

Réalisation technique


L’épreuve de compatibilité est réalisée en test indirect à l’antiglobuline (TIA), avec une antiglobuline humaine polyvalente (anti-IgG et anti-complément) ou une antiglobuline de type anti-IgG.

Elle doit également être réalisée selon une technique enzymatique lorsque l’anticorps présent dans le sérum ou le plasma du patient a été mis en évidence par cette technique.

L’épreuve est principalement réalisée par technique de filtration, soit manuellement, soit à l’aide d’un automate. Cette technique utilise une cassette constituée d’une cupule de réaction surmontant une colonne de filtration contenant des billes ou un gel.

Photo d'une recherche d'anticorps réalisée en filtration

Les globules rouges du CGR à transfuser sont dilués puis mis en contact avec le sérum ou le plasma du patient dans la cupule d’incubation. La cassette est ensuite incubée à 37 °C, puis centrifugée afin de permettre la migration des globules rouges dans la colonne de filtration.

Si un anticorps du patient reconnaît un antigène présent sur les globules rouges du CGR, il se fixe sur ces hématies au cours de l’incubation. Lors de leur migration, les globules rouges sensibilisés sont ensuite reconnus par l’antiglobuline présente dans la cassette. Celle-ci permet la formation d’un réseau entre les hématies. Ce réseau est alors retenu par les billes ou le gel de la colonne de filtration, ce qui permet de révéler une réaction positive.

À l’inverse, en l’absence de réaction antigène-anticorps, les globules rouges migrent jusqu’au fond de la colonne : la réaction est alors considérée comme négative.

Lorsque l’épreuve de compatibilité est négative, les CGR testés sont considérés comme compatibles et peuvent être transfusés, sous réserve des autres contrôles réglementaires.

Lorsque le test est positif, après avoir éliminé une éventuelle erreur de sélection des CGR ou une réactivité liée à un TDA positif, plusieurs causes peuvent être envisagées :

  • la présence d’un allo-anticorps non détecté lors de l’identification, notamment en raison de sa faible concentration ;
  • la présence d’un auto-anticorps ;
  • la présence d’un anticorps dirigé contre un antigène de faible fréquence (« anticorps privé ») ;
  • la présence d’un anti-ABO4 naturel, qui ne peut pas être détecté lors de l’identification classique.