Il existe cinq classes d'immunoglobulines : IgG, IgA, IgM, IgD et IgE. En immuno-hématologie érythrocytaire, les IgG et les IgM sont les principales classes d'anticorps étudiées.
Les immunoglobulines diffèrent notamment par leur structure, leur masse moléculaire, leur distribution dans l'organisme et leurs propriétés fonctionnelles.
La structure de base d'une immunoglobuline est constituée de deux chaînes lourdes identiques et de deux chaînes légères identiques, reliées entre elles par des ponts disulfure. Chaque chaîne possède une région variable, impliquée dans la reconnaissance de l'antigène, et une région constante qui détermine notamment la classe et les fonctions effectrices de l'anticorps.
Structure des IgG
Les IgG sont des immunoglobulines monomériques, constituées de deux chaînes lourdes γ et de deux chaînes légères κ ou λ. Chaque chaîne légère comporte un domaine variable (VL) et un domaine constant (CL). Chaque chaîne lourde comporte un domaine variable (VH) et trois domaines constants (CH1, CH2 et CH3), séparés par une région charnière.
Les IgG sont divisées en quatre sous-classes : IgG1, IgG2, IgG3 et IgG4. Elles se distinguent notamment par leur région charnière, leur nombre et leur organisation de ponts disulfure, ainsi que par leurs propriétés fonctionnelles. L'IgG3 possède notamment une région charnière beaucoup plus longue et un nombre plus important de ponts disulfure interchaînes que les autres sous-classes.
Les IgG représentent la classe majoritaire des immunoglobulines sériques, avec une concentration totale généralement de l'ordre de plusieurs grammes par litre. Les proportions relatives des sous-classes sont approximativement :
- IgG1 : 60 %
- IgG2 : 30 %
- IgG3 : 4 à 5 %
- IgG4 : 4 %
Ces valeurs peuvent varier selon les individus et les méthodes utilisées.
Les quatre sous-classes d'IgG peuvent traverser le placenta, mais leur transfert n'est pas équivalent : l'IgG1 est transférée particulièrement efficacement, tandis que l'IgG2 l'est moins.
Leur capacité à activer le complément est également différente : IgG3 et IgG1 sont les plus efficaces, IgG2 possède une activité plus faible et IgG4 n'active pratiquement pas la voie classique du complément.
En immuno-hématologie, les IgG1 et IgG3 sont particulièrement importantes car elles peuvent entraîner une destruction des hématies sensibilisées, notamment par interaction avec les récepteurs Fc des macrophages et, pour certaines IgG, par activation du complément.
Il n'est cependant pas possible de classer simplement les sous-classes d'IgG selon leur « dangerosité ». La gravité d'une réaction transfusionnelle ou fœto-maternelle dépend également de la spécificité de l'anticorps, de son titre, de son affinité, de la densité antigénique et de sa capacité à activer les mécanismes effecteurs.
La demi-vie des IgG1, IgG2 et IgG4 est d'environ 21 jours, tandis que celle des IgG3 est plus courte, de l'ordre d'une semaine.
Structure des IgM
Les IgM sériques sont principalement des pentamères constitués de cinq unités monomériques, chacune comprenant deux chaînes lourdes μ et deux chaînes légères. Les cinq unités sont associées notamment grâce à une chaîne J. Des formes hexamériques dépourvues de chaîne J peuvent également exister.
Cette structure confère aux IgM une forte avidité pour les antigènes multivalents et une grande capacité d'agglutination. Les IgM sont particulièrement efficaces pour activer la voie classique du complément. Une seule IgM fixée de manière appropriée à une surface antigénique peut suffire à permettre la fixation de C1q et l'activation du complément.
Les IgM sont principalement présentes dans le compartiment intravasculaire, en raison de leur grande taille. Elles constituent notamment la majorité des anticorps naturels anti-A et anti-B du système ABO.
La concentration sérique habituelle des IgM est de l'ordre de 0,4 à 2,3 g/L, avec des variations selon les individus et les laboratoires. Leur demi-vie est d'environ 5 jours.
En immuno-hématologie, les IgM sont particulièrement importantes pour leur capacité à provoquer une agglutination directe des hématies et à activer fortement le complément. Leur activité dépend toutefois de la température et de la spécificité de l'anticorps.



