Don du Sang en France

Risque pour le donneur

Le prélèvement de sang est un acte médical encadré et réalisé dans des conditions permettant d’assurer la sécurité du donneur. Malgré ces précautions, le don peut entraîner des effets physiologiques transitoires, qui varient selon le type de prélèvement.

Lors d’un don de sang total, le prélèvement entraîne notamment une diminution temporaire du volume sanguin et de la masse globulaire. Le volume plasmatique est rapidement reconstitué, tandis que la récupération des globules rouges et de l’hémoglobine nécessite davantage de temps. Les dons répétés peuvent également entraîner une diminution des réserves en fer, en particulier chez certains donneurs. C’est pourquoi la surveillance de l’hémoglobine et l’évaluation de l’état de santé du donneur sont importantes.

Lors d’un don de plasma par aphérèse, les globules rouges et les plaquettes sont restitués au donneur. La perte de protéines est donc transitoire et l'organisme les renouvelle progressivement.

Lors d’un don de plaquettes par aphérèse, les plaquettes sont prélevées puis les autres composants sanguins sont restitués. La numération plaquettaire du donneur est prise en compte dans les conditions d'aptitude au don.

Les dons par aphérèse peuvent également provoquer, dans certains cas, des manifestations liées à l’utilisation du citrate, anticoagulant utilisé pendant le prélèvement. Une baisse transitoire du calcium peut notamment provoquer des fourmillements autour de la bouche ou dans les extrémités. Ces manifestations sont généralement prises en charge rapidement par l'équipe de prélèvement.

 

Les principaux effets indésirables


La majorité des effets indésirables observés chez les donneurs sont bénins. Les données nationales d’hémovigilance montrent notamment que les réactions vasovagales et les réactions locales au point de ponction, comme les hématomes, sont les effets indésirables les plus fréquemment déclarés.

Les principaux effets pouvant survenir sont :

  • Hématome au point de ponction : une infiltration de sang sous la peau peut provoquer une douleur, une sensibilité ou une gêne temporaire.
  • Réaction vasovagale ou malaise : elle peut survenir pendant ou après le prélèvement et se manifester par des vertiges, des nausées, une sensation de faiblesse ou, plus rarement, une perte de connaissance.
  • Réaction locale : une douleur, une irritation ou une réaction cutanée peuvent apparaître au niveau du point de ponction.
  • Ponction artérielle ou lésion nerveuse : ces complications sont rares et peuvent entraîner une douleur importante, un hématome ou des troubles sensitifs nécessitant une surveillance.
  • Réaction liée au citrate lors d'une aphérèse : elle peut provoquer des fourmillements ou des crampes et est prise en charge par l'équipe médicale.
  • Infection du point de ponction : elle est exceptionnelle lorsque les règles d'asepsie sont respectées.

En 2023, l'ANSM a enregistré 7 991 déclarations d'effets indésirables graves chez les donneurs. Parmi les cas survenus en 2023 et analysés, la majorité étaient de gravité modérée. Aucun décès de donneur avec une imputabilité possible, probable ou certaine du don n'a été déclaré.

Photo d'une prélévement de don du sang

 

La prévention des risques


La sécurité du donneur repose sur plusieurs étapes. Lors de l'entretien préalable au don, le professionnel de santé évalue l'état de santé du donneur et recherche les éventuelles situations pouvant rendre le don dangereux. Le volume prélevé est également adapté aux caractéristiques du donneur et au type de don.

La réglementation fixe par ailleurs des critères d'âge et des conditions spécifiques selon le type de don. De 18 à 65 ans révolus, les différents types de dons sont possibles sous réserve des autres critères d'aptitude. À partir de 65 ans révolus, seul le don de sang total est autorisé et chaque don doit être validé par un médecin de l'établissement de transfusion sanguine. Après 70 ans révolus, aucun don n'est autorisé, sauf dérogation réglementaire. Le don de granulocytes est, quant à lui, limité aux donneurs jusqu'à 50 ans révolus.

Pendant le prélèvement, le personnel surveille également le donneur afin de détecter rapidement toute réaction indésirable et d'assurer sa prise en charge.

Après le don, une période de repos et de surveillance est prévue. Une collation et une bonne hydratation sont recommandées afin de favoriser la récupération et de limiter le risque de malaise.

 

L'hémovigilance des donneurs


Les effets indésirables survenant chez les donneurs font l'objet d'une surveillance dans le cadre de l'hémovigilance. Les effets indésirables graves doivent être déclarés selon les modalités réglementaires afin d'être analysés au niveau national. Cette surveillance permet d'identifier les risques, d'améliorer les pratiques de prélèvement et de renforcer en permanence la sécurité des donneurs.

Le don de sang reste donc un acte très encadré : même si des effets indésirables peuvent survenir, la sélection médicale des donneurs, les conditions de prélèvement, la surveillance pendant et après le don et le système d'hémovigilance permettent de limiter et de prendre en charge ces risques.