Données mondiales
La transfusion sanguine permet de sauver des vies et d'améliorer la santé de nombreux patients. Pourtant, l'accès à du sang et à des produits sanguins sûrs et disponibles au moment où ils sont nécessaires reste inégal dans le monde. Cette situation concerne particulièrement les pays à revenu faible ou intermédiaire, où les systèmes de transfusion peuvent être limités par un nombre insuffisant de dons, des capacités de dépistage insuffisantes ou des difficultés d'organisation et de financement.
Selon les données les plus récentes de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ 120,4 millions de dons de sang sont collectés chaque année dans le monde. Les données analysées par l'OMS pour 2023 couvrent 168 pays et représentent environ 97 % de la population mondiale.
L'accès au sang varie fortement selon le niveau de revenu des pays. Les pays à revenu élevé collectent 36 % des dons mondiaux, alors qu'ils ne représentent qu'environ 15 % de la population mondiale. À l'inverse, la disponibilité du sang est nettement plus faible dans les pays à revenu faible ou intermédiaire.
Collecte du sang
Le nombre de dons de sang pour 1 000 habitants constitue un indicateur de la disponibilité générale du sang dans un pays. Les données de l'OMS montrent d'importantes différences selon le niveau de revenu :
- 28,9 dons pour 1 000 habitants dans les pays à revenu élevé ;
- 18,2 dons pour 1 000 habitants dans les pays à revenu intermédiaire supérieur ;
- 8,5 dons pour 1 000 habitants dans les pays à revenu intermédiaire inférieur ;
- 4,5 dons pour 1 000 habitants dans les pays à faible revenu.
L'OMS rapporte que 55 pays collectent moins de 10 dons pour 1 000 habitants. Ces pays sont tous à revenu faible ou intermédiaire.
Ces différences de disponibilité du sang s'expliquent notamment par des écarts dans l'organisation des systèmes de transfusion, le nombre de donneurs, les ressources disponibles et les capacités de collecte, de dépistage et de préparation des produits sanguins.
Types de donneurs de sang
L'OMS distingue trois catégories de donneurs :
- les donneurs volontaires non rémunérés ;
- les donneurs de compensation ou familiaux, qui donnent leur sang lorsqu'un proche ou un membre de leur famille en a besoin ;
- les donneurs rémunérés.
Les donneurs volontaires non rémunérés constituent la catégorie présentant la plus faible prévalence des infections transmissibles par le sang. L'OMS recommande donc aux pays de développer des systèmes de transfusion reposant sur des dons volontaires, réguliers et non rémunérés, afin de disposer d'un approvisionnement en sang sûr, suffisant et fiable.
Entre 2013 et 2023, une augmentation de 10,7 millions de dons provenant de donneurs volontaires non rémunérés a été rapportée. En 2023, 80 pays obtenaient plus de 90 % de leur approvisionnement en sang auprès de donneurs volontaires non rémunérés. Toutefois, dans 59 pays, plus de 50 % de l'approvisionnement reposait encore sur des dons de compensation ou sur des dons rémunérés.
En 2023, les dons volontaires non rémunérés représentaient plus de 85 % des dons de sang à l'échelle mondiale selon les données analysées par l'OMS. Cette proportion reste cependant très variable selon le niveau de revenu des pays.
Contrôle des dons de sang
La sécurité transfusionnelle repose sur une organisation rigoureuse de l'ensemble de la chaîne transfusionnelle. L'OMS recommande que les activités relatives à la collecte, au dépistage, à la préparation, au stockage et à la distribution du sang soient coordonnées au niveau national dans le cadre d'un système national de transfusion sanguine organisé et réglementé.
Chaque don doit faire l'objet d'un dépistage des infections transmissibles par transfusion avant son utilisation. L'OMS recommande notamment un dépistage systématique et obligatoire pour :
- le VIH ;
- le virus de l'hépatite B (VHB) ;
- le virus de l'hépatite C (VHC) ;
- la syphilis.
Le dépistage doit être réalisé dans le respect d'un système de management de la qualité. Les résultats positifs ou réactifs doivent faire l'objet des investigations et des examens de confirmation appropriés avant toute utilisation du don. Le sang doit également faire l'objet d'un groupage sanguin et d'une vérification de la compatibilité conformément aux exigences du système transfusionnel.
La sécurité transfusionnelle ne repose toutefois pas uniquement sur le dépistage des infections. Elle nécessite également une organisation nationale efficace, des procédures et des normes de qualité, une formation des professionnels, une traçabilité des produits, une utilisation appropriée du sang et des systèmes d'hémovigilance permettant de surveiller les incidents et les effets indésirables liés à la transfusion.
Ainsi, l'objectif d'un système transfusionnel moderne est de garantir à chaque patient qui en a besoin un accès rapide à des produits sanguins sûrs, de qualité et disponibles en quantité suffisante, tout en favorisant une utilisation raisonnée du sang.