
Des publications diffusées sur les réseaux sociaux affirment que le plasma donné gratuitement en France serait « revendu » à l'industrie pharmaceutique, permettant à celle-ci de réaliser d’importants bénéfices grâce aux dons.
Cette présentation est toutefois trompeuse : le système français est strictement encadré et repose sur le principe du don bénévole, anonyme et gratuit. Le plasma collecté par l’Établissement français du sang (EFS) peut notamment être utilisé pour fabriquer des médicaments essentiels, comme les immunoglobulines ou certains facteurs de coagulation. L’EFS met ce plasma à disposition du Laboratoire français du fractionnement et des biotechnologies (LFB), qui est chargé de le transformer en médicaments dérivés du plasma.
Il existe bien un prix de cession du plasma entre l’EFS et le LFB, mais celui-ci ne correspond pas au prix d’une vente commerciale classique. Il s’inscrit dans un cadre réglementé destiné notamment à prendre en compte les coûts liés à la collecte, aux équipements, aux contrôles biologiques et à la préparation du plasma. Le donneur, lui, ne reçoit aucune rémunération pour son don.
Autre point souvent oublié : la loi prévoit que les médicaments fabriqués à partir du plasma collecté par l’EFS sont destinés prioritairement aux besoins des patients en France, notamment pour certaines maladies rares. Le LFB peut également avoir une activité internationale, mais cela ne signifie pas que le plasma français donné bénévolement est librement vendu à l’étranger.
Cette situation répond surtout à un enjeu de santé publique : la France ne collecte pas suffisamment de plasma pour couvrir l’ensemble de ses besoins en médicaments dérivés du plasma et reste donc dépendante d’approvisionnements étrangers. Le don de plasma n’est donc pas une opération commerciale pour le donneur : c’est un geste bénévole qui participe à la fabrication de traitements indispensables, dans une filière encadrée par la loi.