
La Chambre des députés du Luxembourg a rejeté une proposition de loi visant à accorder un congé payé de quatre heures aux salariés du secteur privé pour aller réaliser un don de sang dans un des centres de la Croix-Rouge.
Défendu par le député socialiste Mars Di Bartolomeo, le texte a été refusé par les partis de la majorité, le CSV et le DP, tandis que l’ADR a choisi de s’abstenir. Cette mesure entendait aligner les droits des salariés du privé sur ceux déjà accordés depuis 2018 aux fonctionnaires.
Le projet de loi intervenait dans un contexte de tensions récurrentes sur les réserves sanguines du pays. Le député socialiste rappelait notamment l’appel lancé fin 2024 par le Centre de transfusion sanguine luxembourgeois, qui alertait alors sur des stocks couvrant à peine une semaine de besoins hospitaliers. Malgré l’engagement d’environ 15 000 donneurs bénévoles, les autorités sanitaires constatent une baisse progressive des dons ces dernières années.
Pour Mars Di Bartolomeo, ce congé spécial représentait un moyen concret de faciliter l’accès au don de sang pour les salariés à temps plein, souvent contraints de poser des congés ou de s’absenter sans rémunération pour effectuer ce geste solidaire.
Les partis de la majorité ont toutefois jugé cette réforme inadaptée. La députée CSV Stéphanie Weydert a rappelé que le système luxembourgeois reposait avant tout sur le volontariat et la solidarité. Selon elle, instaurer un droit légal au congé ne constituerait pas une solution miracle et pourrait compliquer l’organisation des petites et moyennes entreprises.
De son côté, la députée DP Carole Hartmann a plaidé pour d’autres solutions, comme l’élargissement des horaires d’ouverture des centres de transfusion, notamment tôt le matin ou le week-end. Malgré ce rejet, le débat a mis en lumière les inquiétudes liées à la baisse des dons de sang au Luxembourg.