Actualité du don de sang et de la transfusion
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L'ouverture du don de sang aux HSH inquiète

image repr�©sentant le sang passant du donneur au receveur

Alors que la commission d'examen du projet de loi de la Bioéthique a validé l'ouverture totale du don de sang aux homosexuels, les associations AIDES et l'AFH (Association française des hémophiles) sont inquiètes de cette décision.

Actuellement, les députés et les sénateurs étudient le projet de loi de la Bioéthique qui a notamment comme sujet l'ouverture du don de sang aux hommes ayant eu des relations sexuelles avec un homme (HSH) sans période d'abstinence.

Ce projet de loi a pour but de permettre une égalité entre les homosexuels et les hétérosexuels vis à vis du don de sang. Ainsi seul le risque des pratiques sexuelles sera analysé lors de chaque don de sang et non plus l'orientation sexuelle.

Pour pouvoir donner son sang, les donneurs homosexuels ne doivent pas avoir eu de relation sexuelle dans les 4 mois précédent le don. Ce critère est basé sur des données scientifiques, pour protéger les receveurs, rappellent AIDES et l'AFH. C'est pour cette raison qu'ils sont inquiets de la suppression de celui-ci.

Selon le Centre régional d'information et de prévention du sida et pour la santé des jeunes (CRIPS) d'Ile-de-France, un HSH aurait en effet 200 fois plus de risques d'être exposé au VIH qu'un homme ayant des rapports hétérosexuels.

«40% des personnes qui découvrent, chaque année en France, leur infection au VIH, sont des hommes homosexuels», abonde Marc Dixneuf, directeur général d'AIDES. 

«Le surrisque, il existe aussi chez d'autres personnes concernées par ces critères de sécurité. Par exemple, si vous avez séjourné en Angleterre dans les années 1980 ou 1990, si vous avez reçu une transfusion sanguine, si vous avez un certain poids, on vous écarte du don du sang : c'est pour garantir la sécurité maximale des receveurs, dans des situations extrêmement fragiles», souligne pour sa part Nicolas Giraud, président de l'Association française des hémophiles (AFH).

Cette crainte provient également du fait que les hémophiles dans les années 1980 ont été très touchés par la transfusion de produits sanguins contaminés par le VIH, qui a conduit à la mort de nombreux malades.