
Une récente alerte scientifique relance les interrogations sur un éventuel lien entre protéines amyloïdes et transfusion sanguine. Mais entre hypothèse de recherche et risque médical avéré, la distinction est essentielle.
Les travaux disponibles évoquent une possible transmission de mécanismes liés à l’amyloïde dans des circonstances très particulières, sans démontrer que les transfusions sanguines modernes peuvent transmettre la maladie d’Alzheimer. La question reste donc étudiée par les chercheurs et ne remet pas, à ce stade, en cause le recours médical aux transfusions.
Les chercheurs s’intéressent également à une étude publiée en 2023 dans JAMA, portant sur 1 089 370 personnes transfusées en Suède et au Danemark. Cette étude exploratoire a observé une association entre le fait de recevoir du sang provenant de donneurs ayant développé ultérieurement plusieurs hémorragies intracérébrales et un risque accru d’hémorragie intracérébrale chez les receveurs. Les auteurs soulignent toutefois que leurs résultats ne démontrent pas la transmission d’une protéine amyloïde par le sang et que des biais ou des facteurs de confusion ne peuvent être totalement exclus.
Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’il est question de la maladie d’Alzheimer. La maladie d’Alzheimer n’est pas considérée comme une maladie contagieuse : les contacts quotidiens, la vie familiale ou le partage d’un repas ne présentent pas de risque de transmission. Les phénomènes étudiés concernent plutôt certaines formes rares d’angiopathie amyloïde cérébrale et des mécanismes biologiques encore mal compris.
Des observations publiées en 2024 ont également rapporté deux cas de patients ayant reçu une transfusion durant l’enfance et ayant développé plus tard une angiopathie amyloïde cérébrale, mais les auteurs eux-mêmes concluent que davantage de données et de preuves expérimentales sont nécessaires avant d’établir un lien causal.
Pour les patients, le message actuel est donc de ne pas confondre signal scientifique à surveiller et danger démontré. La transfusion de globules rouges reste une intervention médicale courante, dont l’utilisation est encadrée par des recommandations fondées sur l’évaluation du rapport entre bénéfices et risques.
La recherche se poursuit afin de déterminer si des protéines amyloïdes pourraient, dans certaines conditions extrêmement particulières, jouer un rôle dans la transmission de certaines pathologies cérébrales. Pour l’heure, les données disponibles ne permettent pas de conclure qu’une transfusion sanguine moderne transmet la maladie d’Alzheimer.